Las que dançavan dins la lutz

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Recuèlh de uèch novèlas en occitan- Las que dançavan dins la lutz, celles qui dansaient dans la lumière, ce sont les fées...

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Remise

Las que dançavan dins la lutz
Joan-Frederic Brun

Amb Las que dançavan dins la lutz, Joan-Frederic Brun tòrna sul camin qu'aviá ja seguit dins lo sieu volum de racontes Lo temps clar de las Encantadas (Institut d'Estudis occitans, Atots, 2005). I Aprigondís tanben son exploracion d'un univèrs d'aparéncia plan realista, lo dels terraires de causses e de montanhas que fan lo rèire país de Montpelhièr, entre vinhas, Larzac e Cevenas. Mas coma sovent en cò d'el, es pel biais de creaturas legendàrias o mitologicas, manlevadas als racontes del luòc o nascudas, se pòt plan, del quite imaginari de l'escrivan, qu'aquela exploracion nais e se desplèga. Los limits entre realitat e fantastic ne son d'aquí trebolats, fins a se dissòlver al benefici d'una autra realitat, saique mai presenta e mai vertadièra que la que la cresiam conéisser.

Las uèch novèlas aicí recampadas, La jove giganta, Lo secrèt,Lo gorg negre, Nautas tèrras, L'anèl de la serpnassa, Eissam, Roquets e Lo ròc dau miegjorn nos apareisson coma tant de cabussadas a l'encòp agradivas e  abissalas dins lo mond del narrator.
Los encants d'un estil pivelant an lèu fach d'entraïnar lo legeire dins aqueles avencs de clartats e d'ombras ont se debanan d'aventuras que las podèm aital faire nòstras.

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Las que dançavan dins la lutz, celles qui dansaient dans la lumière, ce sont les fées. Elles sont là, mystérieuses, attentives, tout près de nous. Leur règne s'est interrompu lorsque fut institué l'usage de sonner l'angélus aux clochers des églises des campagnes. Mais ce tintement, en ce nouveau siècle, a cessé de se faire entendre. Peu à peu, d'étranges frémissements traversent la frondaison des arbres. Ce sont elles qui reviennent. Il peut vous advenir de les croiser à nouveau. Ensorcelantes, terribles, incompréhensibles. Leur ballet est celui de la lumière des matins et des mirages du crépuscule, leur chant se mêle à celui du vent dans les branches et au gazouillis des oiseaux, au murmure des eaux qui jaillissent de la terre dans leur lit de mousse et de fougères. Et pourtant ce langage transmet à qui sait l'écouter la plus haute science.

Et nous comprenons soudain des pans entiers de l'histoire du monde. Nous comprenons pourquoi tant de légendes nous parlent d'anciens  géants qui buvaient les rivières jusqu'à les assécher à jamais, et transformaient les forêts en plaines fertiles. Leur race s'est éteinte depuis plus de mille ans. Ils se sont fondus dans les rochers où errent encore leurs pensées cyclopéennes, qui se mêlent mystérieusement aux vôtres. Aux derniers moments de leur existence, des hommes les ont rencontrés. Ce fut le cas, nous rapportent certains hagiographes, du comte Guillaume, compagnon du roi Charlemagne, après qu'il eut franchi grâce à d'incertaines  alliances le Gour Noir où la rivière recouvre un monde sans fond de ténèbres. Ce fut aussi le cas d'un jeune étudiant en médecine nommé Franciscus Rabelezus qui étudiait à Montpellier et s'en allait herboriser au fin fond des Cévennes. S'étant égaré dans la brume des sommets il découvrit leur secret et en conçut l'idée de livres bien étranges qui enchantèrent la cour du roi François Ier et captivent encore d'innombrables lecteurs...
Nous comprenons aussi comment certaines vieilles familles nobles du pays haut avaient noué des pactes secrets avec ce monde enchanté. Ils avaient passé à leur doigt l'anneau de la  serpente. Parmi eux, Pierre de Montfaucon, seigneur de Vissec. Une extraordinaire destinée de feu et de sang, sous le joug amoureux de deux fées rivales qui régnaient sans partage souveraines sur la sécheresse et le débordement des torrents cévenols. Les murailles de la Foux de la Vis rappellent encore ses exploits.
Il y avait aussi une jeune géante, que les gardiens de taureaux voient danser sur l'horizon embrasé des étés camarguais, aux heures où la joie de la nature n'est plus que folie. L'hiver, elle s'assoupit dans les profondeurs du causse, au fond de crevasses ruisselantes où le moindre bruit se change en immense soupir. Étrangement les bergers la surnommaient "la vieille", bien qu'ils sachent qu'elle est éternellement jeune, et qu'elle est la jeunesse même de la terre.

Del mateix autor:
Luònh

Auteur
Joan-Frederic Brun
Date de parution
jeudi 31 mai 2012 00:00
Nombre de pages
192