Les canals siteDécembre 2014
Les Canals. Le Canal Royal de Perpignan et ses mas riverains (XVIIe - XIXe siècles)
Jean-Pierre Comps, Jean Pedra, Monique Formenti, Gilbert Lannuzel, avec les collaborations D’Huguette Grzesik, de Marilou Lannuzel et Georges Wursteisen (étude architecturale et restitutions)
30 €

Au commencement il y eut le Plan :
Le grand plan aquarellé de 1750, de 7 mètres de long, étirant le dessin du Canal Royal de Perpignan, Les Canals, avec ses ulls, ses mas riverains, ses chemins transversaux, ses ponts et ses gués. Ce puissant canal de dérivation des eaux de la Têt faisait tourner les moulins, irriguait les terres des grands mas et alimentait (en principe) la citadelle et la ville de Perpignan.


Ce document est une pure merveille.
Il est présenté dans ce livre dans son intégralité avec le plan de 1700, plus modeste mais non moins précieux. Tous deux sont commentés dans leur beauté primitive avec enthousiasme et talent par les auteurs.

Le canal d’abord, sa construction, son parcours, ce long trait d’union entre les différentes communautés qu’il traverse depuis Ille jusqu’à Perpignan. Les difficultés de sa gestion, les conflits générés par la pénurie d’eau et la superposition des pouvoirs.
Les mas riverains ensuite, leur architecture, leurs cultures et les domaines qu’ils contrôlent.L’enquête a permis de mettre au jour un paysage différent aux couleurs des cultures disparues, un monde agraire vieux de plusieurs siècles que viendra mettre à mal la monoculture de la vigne au XIXe siècle.
Les hommes enfin, car les grands mas du regatiu, zone des cultures irriguées, appartenaient tous à des privilégiés, nobles d’ancienne ou de fraîche extraction, bourgeois-nobles ou docteurs en droit. En ce qui concerne ces propriétaires huppés, ce livre nous apporte bon nombre d’informations précieuses et souvent inédites sur leur origine, leurs stratégies patrimoniales et leur attitude devant la Révolution… et après !

Bien au-delà de l’analyse technique de ce remarquable ouvrage d’art, c’est la terre et les hommes, les riverains d’autrefois que nous découvrons au fil de l’eau.